Philosophie pour enfants

Notre pratique

Depuis l’automne 1999, toute l’école Tourterelle pratique la philosophie. Concrètement, cela signifie qu’une fois par semaine, tous les groupes d’élèves consacrent en même temps avec leur enseignant une période où ils s’adonnent à développer leurs habiletés de penser ensemble. Ici, quand on dit philosophie, il s’agit d’une pratique philosophique au sens où Matthew Lipman, philosophe américain contemporain, l’entend : celle où des jeunes sont engagés dans un processus de construction des savoirs par la lecture, le questionnement, le dialogue entre pairs, les jeux et activités philosophiques.

Pour soutenir cette pratique, les enseignants et les élèves utilisent divers instruments : des romans philosophiques, des objets de leur choix apportés à la période de philosophie, du papier, des crayons, du carton et autres objets pour réaliser certaines productions en milieu de classe.

La méthodologie philosophique employée est la suivante :

  • Dans un premier temps d’une séquence, une période est consacrée à la lecture d’un épisode. Par la suite, les élèves sont invités à poser des questions philosophiques sur le contenu de ce qui a été lu. Ici, les élèves peuvent questionner au-delà des actions des personnages de l’histoire et entrer dans un processus de généralisation du cas qu’ils soumettent au questionnement. Ainsi, une question comme : « Pourquoi Pixie dit-elle qu’elle doit croire sa grande sœur? » pourrait devenir : « Doit-on croire nos grands frères et grandes sœurs? ». Une fois que toutes les questions sont posées par les élèves, on passe au vote. La question qui retient le plus de votes est celle qui sera approfondie.
  • Dans un deuxième temps de séquence, l’enseignant peut proposer aux élèves une activité ou un exercice qui est en lien avec le sujet choisi par le vote. Par exemple, sur la question précitée, une activité sur l’analyse du concept « croire » pourrait avoir lieu en utilisant un diagramme où les élèves sont appelés à positionner certaines phrases reliées au concept « croire ».  Ainsi les élèves seraient appelés à placer une phrase dans un diagramme qui regroupe trois ensembles : « croire », « ne pas croire », et « on ne sait pas ». Les positionnements de phrases peuvent être remis en question et susciter des débats entre élèves. Ainsi, le dialogue philosophique entre en jeu.
  • L’activité permet de préparer le troisième temps de la séquence, celui du dialogue philosophique, là où on favorise l’expression de la communauté de recherche philosophique. Celle-ci est définie comme une rencontre entre individus d’un groupe qui privilégient le dialogue pour réfléchir sur les idées et les problèmes qui procèdent de leur propre questionnement. Cette rencontre permet l’avènement de manières de réfléchir qui accroissent les capacités de penser de chacun : penser de façon critique et créatrice, mettant en jeu des habiletés qui cultivent l’expression du bon jugement.

À la fin de chaque séquence de philosophie, les élèves sont invités à nommer les habiletés qu’ils ont utilisées pour penser. Parmi les plus souvent citées, on retrouve les habiletés suivantes : définir des concepts, faire des différences et des ressemblances, donner des exemples et des contre-exemples, identifier des causes et des conséquences, généraliser, argumenter et contre-argumenter, dialoguer, s’auto-corriger et se soucier de l’opinion des autres. Ainsi les élèves en viennent à reconnaître que le développement d’habiletés pour penser peut leur permettre de devenir mieux outillés pour vivre harmonieusement en société.

Prévention de la violence et philosophie pour enfants
Albert Jacquard

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